En cette première journée où la profondeur de la nuit s'abat sur nous dès 18h, pour labourer et pénétrer cette matière mate,
brillante et lumineuse je vous conseille une douce et émouvante promenade solitaire dans
l'épaisseur de l'outrenoir si lumineux d'un jeune homme de 90 ans.
Impossible à capturer, une photographie rendrait fixe ces reflets de l'instant, je préfère donc simplement ajouter une photo des vitraux réalisés par Soulages à Conques.
" C’était en 1979. J’étais en train de peindre. Ou plutôt… de rater une toile. Un grand barbouillis noir. J’étais malheureux, et comme je trouvais que c’était pur masochisme que de continuer si longuement, je suis allé dormir. Au réveil je suis allé voir la toile. J’ai vu que ce n’était plus le noir qui faisait vivre la toile mais le reflet de la lumière sur les surfaces noires. Sur les zones striées la lumière vibrait, et sur les zones plates tout était calme." Entretien avec Pierre Soulages Hans-Ulrich Obrist - extrait du catalogue de l'exposition - Editions du Centre Pompidou.
Pour compléter, un très bel ouvrage :
Noir - Histoire d'une couleur
Michel Pastoureau
2008, éditeur : Seuil
210 pages, 39,00€.
Soulages, Centre Georges Pompidou jusqu'au 8 mars 2010.
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